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Les forêts au Maroc, de 33% à 8%

Les forêts au Maroc couvraient un tiers du territoire. Aujourd’hui, elles ne recouvrent plus que 8 du territoire national contre 25 % en Espagne, 33 % au Portugal et 35 % en Grèce, le taux de boisement moyen mondial de boisement étant de 29 % Peu étendue, elle est toutefois remarquable par sa diversité biologique, née de la grande diversité de climats due à l’ouverture de ses façades maritimes, atlantique et méditerranéenne, et à ses chaînes montagneuses. Les espaces naturels du Maroc recèlent une variété importante d’arbres, dont le cèdre, le pin d’Alep, le pin, le thuya, le pin maritime, le cyprès de l’Atlas, le chêne-liège, le chêne vert, le chêne zéen, le chêne kermes, le chêne tozin, le genévrier rouge, le genévrier thurifère, l’arganier, le palmier, l’acacia radiana, l’acacia seyal et le pistachier de l’Atlas sont les essences principales. Ces ensembles de forêts et d’espaces boisés sont composés d’une trentaine d’écosystèmes terrestres, complexes et variés. Ces forêts constituent un espace multifonctionnel et multiusage. Les forêts marocaines donnent annuellement " 900 tonnes de caroubes, 500 tonnes de glands de liège, 245 tonnes de lichens, 7 tonnes de romarin, 770 tonnes de champignons, 400 tonnes de miel, 30 tonnes de myrtes et même 3000 tonnes d’écorce tanin » (chiffres fournis par le Service Culturel, Scientifique et de Coopération de l’Ambassade de France au Maroc). L’accroissement de la population, le parcours des troupeaux qui prélèvent une grande part de leur alimentation, les coupes sauvages, les trafics clandestins de bois exercent de fortes pressions sur les forêts. Ces facteurs sont un problème vital pour la protection des sols et du régime des eaux. Le défrichement touche en moyenne une superficie de l’ordre de 4 500 ha chaque année. La région du Rif, la plus menacée, en offre un exemple spectaculaire. Certaines forêts y ont complètement disparu suite aux coupes de bois abusives pour l’énergie et pour des terrains de culture vite abandonnés dès qu’ils deviennent infertiles. Le domaine montagnard offre aujourd’hui l’image d’un pays dévasté par l’érosion et où le matorral a pris place. Fouad Zaïm, dans son article « Déforestation et érosion dans le Maroc Méditerranéen. Effets socio-économiques », rappelle que la région fut comparée naguère aux « hautes vallées de la Suisse » par De Foucault, en 1888. En 1964, dans un rapport d’experts sur la région du Rif et du pré-Rif, on tirait la sonnette d’alarme : le Rif est alors la zone la plus dangereusement attaquée par l’érosion. « La conservation des sols », y écrit-on, revêt un caractère « d’extrême urgence » et doit avoir, préconise le rapport « une priorité absolue ». Gérard Maurer, que cite abondamment F. Zaïm, évoquait « la violence des dangers de l’érosion ». « Les chiffres avancés par cette étude sont étonnants. On y apprend que le Rif, qui ne couvre que 6 % du territoire national, est à l’origine de 60 % de la terre érodée du Maroc, tandis que le Moyen Atlas et le Haut Atlas, qui couvrent 20 % du territoire, fournissent 23 % uniquement de la terre érodée du Maroc ; le reste du pays, soit 74 % du territoire, fournit les 17 % restants ». Cette érosion est d’abord celle du ruissellement. Les pluies dans la région sont fortes et l’eau qui coule n’a pas le temps d’être absorbée par la terre. La capacité d’infiltration est dépassée par l’intensité de la pluie. La nature des sols et l’inclinaison des versants favorisent, elles aussi, l’érosion. Mais c’est surtout l’homme qui est responsable de la rapidité de l’érosion. Son intervention sur la nature qui fait fi des écosystèmes dégrade cette dernière et provoque l’extension accélérée et violente de ce phénomène.

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