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le Cèdre au Maroc

Le Cèdre La cédraie, forêt de plusieurs milliers d’années d’existence, couvre près de 130000 hectares sur les pentes du Rif, du Haut Atlas et du Moyen Atlas (74 000 hectares). Si la beauté, la majesté, la puissance du cèdre du Liban a inspiré prophètes et poètes et suscité la convoitise de tous les peuples et les empires, provoquant ainsi sa rareté et le menaçant de disparition, le cèdre de l’Atlas, son proche cousin introduit plus tardivement, est également très prisé pour la qualité et la sobriété de son bois. À l’ère quaternaire, les glaciations ont contraint le cèdre à se réfugier sur le pourtour de la Méditerranée. Les périodes humides l’ont poussé sur les montagnes sèches et ensoleillées de l’Atlas saharien, du centre de la Turquie et de l’Anti-Liban. Le cèdre du Maroc a été découvert par un certain Philip Barker Webb, en 1826. Il l’emmène alors en Angleterre. Dès 1839, il est planté en France, dans le Lyonnais. Aujourd’hui, le cèdre de l’Atlas, arbre d’agrément et arbre forestier, est l’essence la plus largement plantée en France dans le Languedoc.

Le cèdre appartient à la famille des Pinacées, qui regroupe des conifères aussi différents que les pins, les sapins, les épicéas, les mélèzes ou les tsugas. Plus précisément, il est de la tribu des Laricoïdées (de larix, le mélèze). Le cèdre présente deux types de ramure, les rameaux courts, portant des aiguilles disposées en rosette, et des rameaux longs sur lesquels les aiguilles sont disposées en spirale. Le cèdre ne perd pas ses aiguilles en hiver. Le cèdre de l’Atlas a des aiguilles plus bleutées et moins pointues que celui du Liban.

L’aire de répartition naturelle du cèdre de l’Atlas, cedrus atlantica, sont les montagnes de l’Atlas marocain et algérien entre 1200 et 2800 m d’altitude. Son port est moins branchu et plus érigé que le cèdre du Liban. Il garde longtemps une silhouette élancée avant de s’aplatir avec l’âge et de former la « table » qui coiffe les vieux arbres. Quelques beaux spécimens peuvent s’élever jusqu’à 60 mètres de haut. Jusqu’à l’âge de trente ans, son écorce est grise, lisse puis finement crevassée. Dans son livre « Le cèdre », édité chez Actes Sud, Alain Pontoppidan inventorie plusieurs peuplements de cèdres. Dans les montagnes du Moyen Atlas, aux environs de 2 200 mètres, des forêts magnifiques de cèdres subsistent avec des arbres pouvant atteindre 300 à 500 ans. Les boisements sont clairsemés. Aucune régénération ne se fait depuis trois siècles. Plus bas, d’autres peuplements anciens d’arbres majestueux appartiennent à la même classe d’âge avec des arbres de 150 à 200 ans. La dernière régénération remonte à un siècle et demi. Plus bas, à environ 1500 m, on trouve des forêts de cèdres que l’auteur qualifie de « vivantes » car les anciens arbres sont entourés de jeunes arbres. Le cèdre descend de plus en plus bas dans la vallée. Le cèdre est un bois très convoité pour sa résistance exceptionnelle aux défis du temps, aux intempéries et à la pourriture. Pour sa texture, qui permet un polissage fin, pour sa senteur, pour sa résine aux vertus médicinales. Son bois est utilisé pour les maisons, pour la construction navale, pour le placage...

Si les forêts de cèdre de l’Atlas n’ont pas été aussi décimées que celles des monts du Liban, elles n’en sont pas moins vivement menacées. Selon les dernières estimations, la cédraie, victime d’une surexploitation de son couvert végétal, perdrait chaque année plus de 30 000 hectares.

C’est pour sauvegarder une part importante de la cédraie, pour gérer la biodiversité de la région d’Ifrane, pour sensibiliser la population en proposant à travers des parcours une grande diversité paysagère, floristique, climatique et culturelle, que sera créé le parc national d’Ifrane. La réalisation d’une autre belle idée, celle d’un naturaliste et entomologiste français, Michel Tarrier, a toutes les chances de voir le jour. Cofinancée avec la coopération belge, « La Maison de la Cédraie » se propose d’être une vitrine de la richesse écologique de la région « avec, pour ambition, de donner au public une vision de la quintessence du biopatrimoine marocain et en l’occurrence de la Cédraie, la MEEM (Maison de l’Ecologie et des Ecosystèmes du Maroc) sera la composante pédagogique et didactique de ce programme ». Cette Maison de la Cédraie, selon l’idée de M. Tarrier, sera un a Eco-musée » du cèdre et proposera un regard exhaustif sur le cèdre de l’Atlas, arbre insigne et des plus majestueux des conifères, emblématique tant du Maroc que du Moyen Atlas d’Ifrane, avec une photothèque faune-flore-habitats du Maroc, un site Internet « bio-diversité du Maroc », une banque de données et cartographie, des parcours, un lieu d’accueil, des tournages de documentaires sur les écosystèmes, etc.

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