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Forêt Maroc : Le chêne-liège

Le chêne-liège La forêt de la Marnora, commençant à trois km du littoral océanique, entre Rabat et Kénitra, et se terminant à environ 70 km à l’intérieur des terres, compte à côté des plantations d’eucalyptus, de pins et d’acacias, une vaste étendue de chênes-lièges, plus de 55 000 hectares. À son origine, la forêt de la Mamora couvrait une surface nettement supérieure aux 130000 hectares qu’elle occupe actuellement. De la fin du XVIIe siècle au début du XXe, deux tribus se sont disputé la domination de la Mamora : les Zemmours, d’origine berbère, au sud, les Beni-Hssen, d’origine arabe, au nord de la forêt. La pacification de la Mamora eut lieu en 1912, par l’établissement d’un accord entre les deux tribus, les Zemmours contrôlant le Sud, les Beni-Hssen le Nord. Les premiers forestiers français purent pénétrer profondément à l’intérieur de la forêt. Ils découvrirent de magnifiques suberaies à côté de zones en mauvais état. La forêt de la Mamora couvre à elle seule près de 11 `% de la superficie mondiale occupée par le chêne-liège.

Le chêne-liège appartient à l’ordre des Fagales, famille des Fagacées, sous-famille des Quercoïdées. C’est un arbre à feuillage semi-persistant, dont la forte charpente et la cime s’étalent largement. Sa hauteur atteint 15 à 20 mètres. Son tronc est recouvert d’une épaisse écorce de liège et ses rameaux d’un liège peu épais. Utilisé dans diverses fabrications artisanales, le liège est apprécié pour sa légèreté, son élasticité, son imperméabilité, son isolation, sa résistance à l’usure. Égyptiens, Grecs, Romains l’utilisèrent comme flotteurs pour la pêche, pour l’obturation des amphores, pour la construction de toits, pour se protéger tantôt du froid, tantôt de 1a chaleur. Le liège servit même pour se chausser. L’utilisation du bouchon en liège pour obturer les bouteilles va se généraliser. L’art et le métier de bouchonnier naissent dans le midi de la France, les premières fabriques de bouchons apparaissent en Espagne en 1 760 et c’est au XXe siècle que sa fabrication prendra un caractère industriel.

Exploité pour son liège, le chêne-liège est apprécié aussi pour ses glands comestibles, récoltés en automne. La forêt de la Mamora fournit aussi le bois de feu. Mais surtout elle représente une source de nourriture importante pour le bétail, ovins et bovins, très nombreux. Les conséquences du pâturage sont désastreuses. Les frondaisons sont tranchées par en dessous, les arbres sont émondés, aucune jeune pousse n’est possible. La régénération naturelle ne se fait plus. « Dans l’état actuel de la Mamora, la régénération du chêneliège ne se fait pas naturellement et la forêt se transforme par les plantations d’essences exotiques. La régénération par recépage atteint sa limite car les souches sont trop vieilles. Les semis naturels ou artificiels semblent voués à l’échec, les glands non attaqués par les insectes étant récoltés ou mangés par le bétail, les sangliers et les rongeurs. Le problème pourrait, dans certains endroits favorables, être résolu à condition d’éliminer effectivement le parcours et de limiter le ramassage », « À la découverte de la forêt de la Mamora », de Gh Chlyeh, A. Fraval, J. Nadori et C. Villemant, Editions Actes. Le chêne-liège est non seulement menacé par des insectes, comme le bombyx disparate dont la chenille attaque voracement les feuilles ou le grand capricorne qui creuse le tronc et les branches de l’arbre ou encore la fourmi du liège, qui creuse aussi de
vent provoquer sa mort, mais pratiques, met en danger sa Eaux et Forêts tente par divers moyens de le préserver, riverains et non riverains appauvrissent le tapis végétal avec la pratique du pâturage et du défrichement sauvage. Le déficit en eau (sécheresse, pompage pour les prélèvements agricoles et urbains, le fort besoin en eau des eucalyptus) continue à affaiblir l’arbre.

L’autre problème qui semble s’ajouter aux précédents est celui de la fabrique de bouchons. Un dossier dans le quotidien « Le Matin », réalisé par Rida Addam, traite de « L’avènement des couvercles en plastique, comme alternative aux bouchons en liège naturel, fait peser une réelle menace sur les chênes-lièges (...).

La campagne de sensibilisation lancée par l’organisation du Fonds Mondial pour la Nature (WWF), qui a débuté à Rome, consiste à inciter les consommateurs à faire un geste en faveur de l’environnement (...) et a recommander aux gens de s’assurer que les bouteilles qu’ils utilisent portent des bouchons en liège. Un simple geste qui contribuera, aux yeux des responsables de cette organisation, à la sauvegarde de cette richesse naturelle ».

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