Accueil > Actualités > Cinéma >
Les trois religions monothéistes à la table du cinéma, colloque
" Tous les genres de talents, des opinions politiques et des autorités religieuses sont là. Dans quel autre pays arabe, aujourd’hui, une telle réunion serait-elle possible ? », demande un grand amoureux du Maroc, l’académicien Maurice Druon, avant de se perdre dans les souvenirs d’une époque plus lointaine.
Le cinéma, ce jour-là, a su rassembler à la même table les trois communautés monothéistes : juifs, chrétiens et musulmans. Et c’est non sans une certaine émotion qu’André Azoulay, Conseiller du Roi, a ouvert la séance « en tant que juif, appartenant à la communauté juive marocaine ». Et le cinéaste israélien, Amos Gital, de rappeler : « La souffrance n’a pas de frontières. Comment traduire cela en termes de cinéma ? Comment le cinéma peut-il servir comme moyen de dialogue ? Comment moi, en tant qu’Israélien, je peux comprendre les souffrances de l’autre ? ». Poser des questions ou formuler des doutes constitue sans doute l’attitude la plus féconde pour faire du cinéma, e cet instrument de connaissance », comme l’a rappelé le philosophe français BernardHenri Lévy, dans une intervention claire et didactique. Un instrument qui permet de mieux connaître le monde non pas en le restituant tel quel, mais en le produisant, en le construisant, « en faisant rendre gorge au réel. C’est un corps à corps avec le monde et le réel, à partir duquel advient la vérité. Mais il me semble que cette vérité qu’il faut faire advenir ne se dit pas en un sens mais en plusieurs sens et c’est au cinéaste de choisir, c’est sa responsabilité, c’est la responsabilité du cinéma ». Il n’y a pas une vérité mais des vérités. Le cinéaste est responsable de ses choix et des valeurs qu’il donne au monde. « Ce monde est une recréation qui passe par une subjectivité. Les cinéastes sont les « recréateurs » du réel et le cinéma peut nous aider à construire une modernité originale pour dialoguer avec l’autre », déclare l’écrivain Tahar Ben Jelloun. Cinéma constructeur d’un monde, cinéma instrument de connaissance, pluralisme de vérités et choix du cinéaste, toutes ces assertions laissent entendre que le cinéma peut être aussi instrument de propagande, instrument au service de pouvoirs dont les intérêts ne sont pas les mêmes que ceux des peuples. Alors, comme l’a suggéré Mgr Jean-Michel Di Falco, il conviendrait de « faire l’éloge du doute. Ceux qui ne doutent jamais ouvrent le chemin à l’intégrisme ». L’intégrisme est ce qui étouffe la précieuse « étincelle de vie » évoquée par le psychanalyste et écrivain Daniel Sibony, dans une brillante intervention. « Le cinéma a à voir avec la lumière, je parlerais de l’étincelle. Le cinéma, lorsqu’il nous donne cette étincelle de vie, il la garantit par un capital de réalité. J’ai le sentiment que le cinéma, c’est la difficulté d’être libre et ce qu’il nous transmet, c’est un contact extrêmement précis avec les replis de l’âme humaine ». Étincelle salvatrice, « le cinéma m’a sauvé la vie. Quand, enfant, je rentrais au cinéma Mabrouka, à Marrakech où je suis né, le cinéma me donnait un autre monde, celui du rêve ».
Dans la même rubrique
- Casablanca, ville moderne
- Les concerts de l’orchestre philharmonique du Maroc
- NOVEMRRE au MEGARAMA
- Sixième édition du festival international du film du Marrakech
- Bibliographie de Pasolini
- Paomo Pasolini et soncélébre œdipe roi à Ouarzazate
- Paradise Now
- Ouverture d’une école de musique et de danse à Rabat
- La Chambre noire et Poupées d’argile
- Festival international des musiques de l’Atlantique
- Le soutien royal au cinéma salué
- Rencontre avec andré Azoulay
- Festival Gnaoua Musique du monde
- Les voix de ta Palestine
- L’enfer de la Cité de Dieu
- Le cinéma marocain et son public
- Les trois religions monothéistes à la table du cinéma, colloque
- Festival international du film de Marrakech
- Marrakech, rendez-vous incontournable du cinéma
- Au Quai du Jazz
