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Le public du cinéma marocain

Il faut faire un effort pour que le cinéaste marocain puisse exister réellement », a plaidé l’écrivain Abdellatif Laâbi. Celui qui a vu la foule se presser, se serrer, se battre, pour entrer dans la salle du Colisée où étaient projetés les films marocains, n’aurait pas compris la déclaration de l’écrivain. Si au niveau de l’institution, du marché et de la distribution, le cinéaste a du mal à exister, il n’en demeure pas moins que, pour le public, les cinéastes et les acteurs marocains existent bel et bien. « Le cinéma, dans un pays comme le Maroc, fait la nature même du lien social. Le cinéma est un ferment, une préfiguration, un catalyseur de ce peuple lié. Les cinéastes ont, en ce sens-là, un pouvoir et une responsabilité. Il faut penser haut et filmer haut », a conclu B-H Lévy lors de son intervention au colloque. Et c’est, sans doute animés par des sentiments de responsabilité, que les deux cinéastes marocains, Mohamed Ismaïl et Farida Benlyazid, ont choisi d’évoquer dans leurs films, le premier la tragédie des clandestins dans « Et après », sélectionné pour la compétition officielle, et la seconde la corruption, dans « Les Puissants de Casablanca », projeté en avant-première.

C’est avec sobriété, évitant certains écueils, que Mohamed Ismaïl nous raconte l’histoire de Mustapha (Rachid El Ouali), un jeune homme qui tente d’émigrer vers l’Espagne. Une interprétation juste, une relative maîtrise de la narration et le choix du sujet ont touché le public. L’accueil a été favorable.

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