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ANDALOUSIES ATLANTIQUES - Suite

L’idée d’un Festival International des Andalousies Atlantiques et de surcroît à Essaouira, ville fondée presque trois siècles après la fin de l’époque andalouse, pouvait sembler, de prime abord, une construction de l’esprit, déliée de toute réalité concrète. La réponse du public et l’accueil réservé à la première édition du Festival ont conforté la légitimité de cette initiative organisée par la Fondation Alizés, en partenariat avec le Gouvernement Autonome Andalou à travers ses Fondations Héritage Andalou et Les Trois Cultures de la Méditerranée. Mais trois jours de manifestations, si diverses et intenses fussent﷓elles, ne permettent pas d’appréhender la pluralité et la richesse de cet héritage. Chaque rencontre annuelle aspire ainsi à éclairer une parcelle de l’immense patrimoine andalou, si vivace dans le temps et dans l’espace. Bien qu’elle soit connue et reconnue, la dimension méditerranéenne de la civilisation hispano﷓musulmane mérite d’être rappelée et revisitée à la lumière d’une actualité souvent brûlante, dans ce creuset de civilisations et de tensions, Quant à son prolongement atlantique, ignoré ou oublié, fine demande qu’à s’exprimer de façon admirable dans les multiples facettes humaines et culturelles de la rive ibéro﷓américaine. C’est donc sous le signe du métissage et du partage que sera placée la deuxième édition du Festival des Andalousies Atlantiques. Métissage des cultures, des musiques d’Andalousie, d’Espagne, du Maroc, d’Algérie, et du Brésil. Après le Mexique, c’est le Brésil qui, cette année, a été choisi comme pays latino﷓américain invité, en raison du prestige universel de sa culture et des nombreuses affinités qui nous unissent.

Partage de valeurs, d’émotions et d’idées. Car, si la musique a une place de choix dans la programmation, elle n’est pas exclusive dans ce Festival qui se veut résolument éclectique et à vocation didactique. Un colloque scientifique et des ateliers artistiques ont pour but de forger les talents et les esprits des jeunes et des moins jeunes à une culture du partage et du respect de l’autre, d’apprendre à dialoguer et à revisiter la fabuleuse histoire partagée en toute sérénité. Un des temps forts sera certainement l’ouverture sur la splendide baie d’Essaouira, avec un concours de fantasia et une course de chevaux. Cette dernière, grande innovation au Maroc, sera organisée par le ministère marocain de l’Agriculture, en collaboration avec la Société andalouse de Courses de Chevaux de Sanlûcar de Barrameda.

Inscrire le Festival des Andalousies Atlantiques dans la durée et la continuité, mais aussi l’ériger en plate﷓forme d’échanges entre les peuples et les pays héritiers d’alAndalus, autour du Maroc et de l’Espagne, tels sont les défis que les organisateurs tenteront de relever à chaque nouvelle édition avec la conviction qu’il est possible et, surtout, urgent de briser les barrières culturelles, ethniques et religieuses. Quoi de mieux en effet que la mémoire andalouse si actuelle et si féconde pour réduire les fractures souvent imaginaires et parfois assassines ?

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