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Maroc en 2010, oui mais ...

Le Maroc a fait de la vision 2010 l’une de ses priorités pour soutenir la croissance et assurer le bien être de ses habitants. Beaucoup de chemin a été parcouru depuis le lancement de ce grand chantier au début de ce millénaire, si bien que l’objectif des 10 millions de touristes dans quatre ans semble de plus en plus réalisable. En effet, depuis 5 ans, les arrivées touristiques et le nombre de nuitées ont connu une formidable hausse. C’est dire combien le pays bénéficie de la confiance des grands tours opérateurs et des groupes hôteliers internationaux.
Cependant, il faut le dire, l’État qui a consenti d’énormes sacrifices depuis les années soixante pour investir dans les premières infrastructures touristiques, parfois en s’endettant et en endettant ses établissements financiers spécialisés, doit aujourd’hui réviser sa politique économique du tout libéral, au moins dans ce secteur. Cela, pour deux raisons principales. Primo, parce que le temple même du libéralisme mondial commence à douter de l’efficacité d’une politique économique reposant sur le seul secteur privé. En effet, et de la bouche même de M, Paul Wolfowitz, Président de la Banque Mondiale, les États en voie de développement ne doivent plus compter que sur le seul privé pour stimuler l’investissement. Pour cette institution, il est désormais clair que le privé a failli dans beaucoup de pays en développement et a même aggravé les inégalités dans certains.
Deuxio, le malheur que vient de subir la région de Merzouga, réputée pour son tourisme médical avec ses sables guérisseurs, est un signal d’alarme qui nous interpelle tous, Les violents orages qu’a connus cette zone durant le week end de fin mai dernier ont été une véritable tragédie grecque : plus de 600 familles sinistrées, G morts, 2 personnes de nationalité espagnole et italienne blessées grièvement ; plus de 350 habitations détruites dont 114 entièrement et plus de 36 gîtes et établissements hôteliers endommagés. Même la magnifique auberge de Ksar Sania, dans la vallée du Ziz, qui a fait partie de notre carnet de route dans le cadre d’un reportage, juste avant les inondations, a été en partie touchée par les flots.
Il faudra plusieurs mois, voire plusieurs années pour qu’Errachidia et sa perle. Merzouga, puissent retrouver une vie normale après ce terrible déluge qui peut se reproduire à tout moment. Les pouvoirs publics sont appelés à redoubler d’efforts et de prudence pour assurer un cadre touristique agréable et sécurisé aussi bien sur le plan de la lutte contre le terrorisme que sur les plans des catastrophes naturelles et des accidents de la route qui sont non moins meurtriers. Ceci, en investissent dans les moyens de prévention, tant humains que technologiques.
Pour conclure, ce commentaire d’un sinistré de Merzouga : « Si l’État nous avait construit un barrage, il n’y aurait pas eu peut être tant de pertes ». No comment.

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