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PASOLINI, LE CINÉASTE AMOUREUX DU MAROC
Poète et écrivain, le cinéaste italien Pier Paolo Pasolini a effectué de nombreux voyages au Maroc et a tourné en 1967 son célèbre « OEdipe roi », dans la région de Ouarzazate.
Pier Paolo Pasolini est né le 5 mars 1921 à Bologne, en Italie. Sa mère, d’origine paysanne, est catholique, son père, dont la légende familiale dit qu’il descend de la noblesse, a adhéré au fascisme. Précoce, influencé par les récits de sa mère, Pier Paolo écrit ses premiers poèmes à l’âge de huit ans. À dix sept, il entre en faculté de lettres à Bologne et lit « un livre et demi par jour ». Il y découvre, grâce au ciné club, sa passion pour le cinéma et vit son amour du sport en étant capitaine d’équipe de football. L’été, il retrouve avec joie Casarsa, la campagne et le monde paysan qui le fascine. Il peint et rêve de créer une revue littéraire.
Mais la guerre, qui a éclaté, retarde ses projets. Parti en Afrique comme soldat, son père est fait prisonnier par les Anglais. En 1942, avec trois amis, Pasolini publie des plaquettes de poèmes et écrit aussi bien en italien qu’en dialecte frioulan. Cette année là, il collabore à plusieurs revues S’il leur adresse des critiques d’art, il prend aussi position contre le fascisme. Il faut vivre avec les conflits et Pier Paolo a le sentiment qu’on lui confisque sa jeunesse : « La guerre ne m’a jamais semblé aussi horriblement dégoûtante que maintenant : on n’a donc jamais pensé ce qu’est une vie humaine ? ». En 1943, même la campagne n’offre plus aucun refuge : tous les jours passent dans la gare de Casarsa les trains qui emmènent les prisonniers italiens vers les camps de concentration allemands. Dans un village proche, Pier Paolo crée une école clandestine où il enseigne la littérature et l’histoire aux enfants. En 1944, les raids aériens allemands contraignent la famille Pasolini à se réfugier à Versuta où, avec sa mère, il ouvre une autre école. Guido, son jeune frère, est tué en 1945 par des partisans communistes. Pier Paolo surmonte sa peine en se consacrant auxjeunes élèves.
Fin septembre, à Bologne, il soutient son diplôme de maîtrise. Dans le « Mondo » florentin est publié l’un de ses poèmes. En 1947, il collabore à plusieurs revues dont « Poesia ». À Rome, il fait la connaissance du milieu littéraire, mais c’est à la campagne, non loin de Casarsa, qu’il obtient un poste d’enseignant. Malgré l’assassinat de son frère, conscient de la complexité de la vie, il adhère en 1948 au parti communiste. Lors du prix « Libera Stampa ». son recueil de poèmes « Diarii » obtient une mention spéciale. En 1949, à la suite d’une dénonciation concernant ses moeurs, il est persuadé que c’est son action politique qui est visée. Quoi qu’il en soit, il perd son poste de professeur et démis¬sionne du parti communiste. Début 1950, lasse des crises de violence de Carlo, son mari, Susanna Pasolini se réfugie avec son fils à Rome. Là, il ne cesse d’écrire et collabore à quelques revues. L’année suivante, Carlo les rejoint. Enjuin, le premier chapitre de « Ragazzi di vita » parait dans la revue « Para gone ». En 1951, il retrouve un poste d’enseignant et sa nouvelle « Terracina Operetta Marina » obtient le prix « Taranto » alors qu’il prépare une anthologie de la poésie dialectale du xr siècle, qui est publiée en décembre et reçoit un bel accueil.
1953 voit sa collaboration avec le nouveau magazine « Il Ciovedi ». Sa préface à l’anthologie est saluée par le prix Viarreggio Savinio. En 1954, grâce à l’appui de l’écrivain Ciorgio Bassani, il travaille au scénario de « La fille du fleuve » avec une jeune actrice débutante, Sophia Loren. Il démissionne de l’enseignement pour se consacrer au cinéma En juin sort son recueil de poèmes frioulans « La meglio gioventu », qui remporte le prix Carducci. En 1955, son premier roman, « Ragazzi di vita », est enfin publié, même si l’éditeur a demandé à Pasolini de se censurer. L’accueil populaire est chaleureux, mais la presse communiste le critique tandis qu’un procès pour obscénité lui est intenté. Le premier d’une longue série. Soutenu par bon nombre d’intellectuels italiens, Pasolini est acquitté. Il écrit des scénarios avec Bassani et Bolognini, invite à diner chez ses parents les écrivains Moravia et Elsa Morante « Canzoniere italiano », sa seconde anthologie consacrée à la poésie populaire italienne est publiée aux éditions Guanda. Créée avec quelques amis, la revue de poésie « Officina » affiche une grande ambition. Pasolini écrit plusieurs scénarios pour Bolognini et collabore avec Fellini au film « Nuits de Cabiria ». En 1957, le recueil de poésies, « Les cendres de Gramsci », est honoré par le prix Viareggio. En 1958, il se lie d’une intense amitié avec l’actrice Laura Betti, qui le soutient lorsque son père meurt. En 1959, il doit à nouveau censurer son roman, « Una vita violenta », qui dépeint le sousprolétariat romain. Il obtient le prix Citta di Crotone, contesté par ses adversaires politiques tandis que les autorités ecclésiastiques s’enflamment contre un poème publié par « Offlcina >.
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