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Le directeur du centre régional d’investissement de casablanca : Hamid Benelafdil

Travailleur acharné issu du secteur privé où il a occupé diverses responsabilités à la tête d’entreprises parmi les plus performantes de la place, Hamid Benelaldil, le Directeur du Centre Régional d’investissement (CRI) de Casablanca nous dévoile dans cet entretien sa stratégie pour le maintien de l’essor économique qui a toujours caractérisé Casablanca.

Médina. Vous avez souvent déclaré que votre voeu le plus cher, c’est qu’il soit possible à tout investisseur désireux de créer une entreprise au Maroc de pouvoir le faire en vingt-quatre heures. Qu’en est-il aujourd’hui, notamment au niveau du CRI de Casablanca ?

Humid Benelafdll. C’est beaucoup plus qu’un voeu personnel. Nos concurrents, en Macédoine par exemple, arrivent à réaliser cette performance. Ne serait-il pas possible d’y arriver au Maroc ? La création en ligne, qui sera possible avec l’interconnexion des systèmes d’information de la Direction Générale des Impôts, du Tribunal de Commerce, de la CNSS et du Centre Régional d’Investissement (CRI) va permettre aux administrations concernées de se focaliser sur leur vraie mission et d’être en phase avec les orientations du gouvernement de réduire la masse salariale de la fonction publique.

Bien évidemment, des réformes législatives sont également indispensables pour traiter les demandes de création comme un acte d’enregistrement banal qui garantit aux partenaires de l’entreprise la fiabilité de l’information enregistrée.

Il faut néanmoins rendre hommage aux Centres Régionaux d’Investissement du Maroc qui ont démontré que la performance de ramener le délai moyen de six mois à quatre jours est possible.

Étant donné son statut de pôle économique majeur du Royaume. Casablanca attire chaque année des masses de demandeurs d’emploi originaires de diverses régions du Maroc. Que pensez-vous de cette tendance ?

La région du Grand Casablanca doit effectivement répondre à une demande d’emplois estimée à 260000 fin 2005, ramenée à 200000 fin 2006.

Mais les flux démographiques à l’horizon 2020 vont imposer la création de 660000 offres d’emplois pour espérer être en situation de plein emploi.

D’autres régions du Maroc telles que Marrakech ou Tanger vont également attirer davantage de flux migratoire.

Qu’en est-il aujourd’hui du projet Casa Shore. Pouvez-vous nous fournir les chiffres les plus récents concernant ce projet qui ambitionne de créer 30 000 emplois ?

Les informations les plus précises sont disponibles auprès de Casanearshorepark SA.

Mais je peux vous affirmer que l’offre territoriale Casa Shore » a pu attirer beaucoup plus d’investisseurs que ce que nous avions prévu à ce stade.

Il s’agit essentiellement d’entreprises européennes qui veulent saisir l’opportunité de cette plate-forme compétitive pour affronter la compétition mondiale.

Il serait utile de rappeler que le premier contractant pour l’offre « Casa Shore » est Tata Consulting Services, société indienne qui vise le marché européen.

Jusqu’à il y a peu de temps, l’investissement dans le domaine touristique constituait le parent pauvre de l’offre d’investissement globale à Casablanca. Qu’en est-il aujourd’hui et qu’est-ce qui pourrait être fait pour encourager davantage ce genre d’investissement ?

Avec la signature du Plan de Développement Régional du Tourisme (PDRT), Casablanca a une stratégie concertée dans le domaine du tourisme avec l’ambition d’atteindre un million de touristes à horizon 2012.

Cette stratégie a donné une forte visibilité aux investisseurs qui ont saisi cette opportunité pour présenter des projets touristiques importants : 3 golfs. 3 000 chambres supplémentaires, projets de parcs de loisir, palais des congrès de 5 000 places...

On parle de plus en plus d’une nouvelle stratégie pour la redynamisation des investissements à Casablanca. Est-ce à dire qu’il y a eu un ralentissement des investissements dans la métropole durant ces dernières années ? Et si stratégie il y a. pourriezvous nous en brosser les principaux contours ?

Après une baisse des investissements en 2005, le CRI du Grand Casablanca a enregistré une hausse de 100 % du montant des investissements pour arriver à 10 milliards de dirhams. Par ailleurs, la région du Grand Casablanca est naturellement en compétition avec des territoires émergents de notre pays comme Marrakech, Tanger et Rabat.

La nouvelle stratégie vise à positionner notre région en parfaite complémentarité avec les nouveaux pôles de compétitions dans ces régions. Casablanca a pu se développer avec un privilège de monopole d’infrastructure et dans une économie fermée. Elle ambitionne de rester le principal moteur de l’économie nationale, mais sans le monopole des infrastructures et dans une économie ouverte au monde.

Vous êtes issu du secteur privé avec plusieurs passages à la tête d’entreprises. Sachant votre proximité avec les milieux d’affaires, comment évaluezvous aujourd’hui l’expérience des CRI au Maroc ?

L’expérience des CRI au Maroc est fortement positive. Les CRI sont le symbole de l’administration moderne, proactive et efficace.

Ils ont pu tisser des relations étroites avec des partenaires nationaux et internationaux d’envergure. Ils ont contribué à la dynamique des investissements dans notre pays.

Après cinq ans, les Centres Régionaux d’Investissement ont atteint l’age de la mutation pour s’adapter aux nouveaux enjeux de la nation, ceux de leurs territoires respectifs et de la compétition mondiale.

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